Recevoir un compte rendu d'hospitalisation par fax ou par messagerie personnelle n'a plus sa place dans un parcours de soins moderne. Pour accélérer le basculement, l'Agence du numérique en santé vient de publier un guide de déploiement des usages de la messagerie sécurisée de santé. Un repère utile pour l'infirmière coordinatrice, dont une grande partie du travail consiste précisément à faire circuler la bonne information entre les bons acteurs, au bon moment.

Un guide pour passer de l'équipement à l'usage

Le constat de l'ANS est sans détour : l'outil est en place, mais il n'est pas encore un réflexe partout. Si la majorité des établissements de santé sont aujourd'hui équipés, le développement des usages demeure un enjeu majeur. Le guide s'attaque donc à ce dernier kilomètre. Il fournit des repères concrets pour structurer la gouvernance du projet, mobiliser les professionnels concernés, identifier les facteurs clés de succès et favoriser l'appropriation des usages.

L'objectif affiché par l'agence dans sa publication récente est explicite : passer de l'équipement à l'usage, pour faire de la messagerie sécurisée un véritable réflexe professionnel au service des soignants et des patients. Car La Messagerie Sécurisée de Santé (MSSanté) est devenue un outil incontournable pour sécuriser les échanges de données de santé entre professionnels et contribuer à une meilleure coordination des prises en charge. À tel point que la MSSanté s'inscrit désormais comme un service socle du numérique en santé.

Le document ne s'adresse pas qu'aux informaticiens. Il cible les Directions d'établissement, Directions des systèmes d'information, Directions qualité et gestion des risques, Référents MSSanté, Professionnels impliqués dans les échanges de données de santé — autant de fonctions avec lesquelles l'infirmière coordinatrice travaille au quotidien.

MSSanté en chiffres

Le système n'est plus une expérimentation. On compte Plus de 300 opérateurs proposant un service de messagerie sécurisée de santé, et plus de 800 000 boîtes aux lettres MSSanté ouvertes. Le volume d'échanges donne la mesure de la dynamique : plus de 28 000 000 messages émis via MSSanté en mai 2025.

La fiabilité repose sur un cadre commun et contrôlé. Le système MSSanté s'appuie sur les opérateurs de messagerie MSSanté (industriels, organismes publics, établissements de santé...) ayant intégré cet espace de confiance dont l'ANS définit les règles de sécurité et d'interopérabilité. Et pour retrouver le bon destinataire sans se tromper, c'est l'Annuaire Santé qui permet de publier les boîtes aux lettres des professionnels et des structures habilitées — un point pratique dont les coordinateurs mesurent vite l'intérêt lorsqu'il faut joindre un confrère de ville ou un service hospitalier.

Pourquoi c'est central pour la coordination

Pour l'IDEC, la messagerie sécurisée n'est pas un gadget administratif : c'est l'infrastructure de la coordination. la MSSanté constitue un levier essentiel pour fluidifier les parcours de soins, renforcer la coordination entre acteurs et garantir la confidentialité des données de santé. Transmettre une fiche de liaison, recevoir un compte rendu de sortie, dialoguer avec le médecin traitant ou l'infirmier libéral : chacun de ces gestes gagne en traçabilité et en sécurité juridique lorsqu'il passe par une boîte habilitée plutôt que par un canal personnel.

Sur le fond, MSSanté répond à un besoin réglementaire et déontologique de protection du secret : La Messagerie Sécurisée de Santé (MSSanté) permet d'échanger des messages comprenant des données de santé de manière sécurisée et dans le respect de la vie privée du patient. Côté médico-social, elle ouvre des usages très concrets : les structures peuvent s'équiper d'une boîte organisationnelle pour recevoir l'ordonnance numérique de leurs patients et échanger avec d'autres professionnels, ce qui sécurise notamment le circuit du médicament et le lien avec la pharmacie.

Le médico-social, prochain front du déploiement

Le secteur médico-social rattrape son retard à grande vitesse, porté par le Ségur numérique. Ce programme représente 630 millions d'euros dédiés à la transformation numérique du secteur et concerne un périmètre considérable, puisque l'on dénombre 32 691 ESSMS bénéficiaires du Ségur numérique. L'équipement progresse nettement : 2 sur 3 ESSMS disposent d'un DUI Ségur en 2025, avec 790 000 DUI actifs au 1er trimestre 2026, appuyés sur 72 solutions référencées vague 1.

Les attendus fonctionnels sont clairs et structurent les pratiques d'équipe. Ils incluent l'utilisation de l'Identité Nationale de Santé (INS), l'alimentation du DMP et l'utilisation de la messagerie sécurisée de santé pour les professionnels et les citoyens. Une échéance encadre désormais la trajectoire : le déploiement des solutions dans les structures sociales et médico-sociales doit être finalisé avant le 15 mars 2029, après que Les documents concernant la Vague 2 ont été publiés le 3 mars 2026. Le guide tombe donc à point nommé, car Le guide permet également aux établissements d'anticiper les évolutions à venir, notamment la généralisation de la réception MSSanté dans le cadre des programmes du Ségur numérique. L'effet de ce mouvement est déjà tangible : 5 340 000 documents alimentés dans Mon espace santé par le médico-social sur l'année 2025.

Pour s'orienter dans une offre foisonnante, l'ANS rappelle son rôle de gestionnaire de l'espace de confiance : L'ANS en qualité de gestionnaire de l'espace de confiance MSSanté vous propose le panorama des offres MSSanté afin de vous aiguiller vers la messagerie sécurisée de santé qui saura répondre au mieux à vos besoins professionnels. Les outils et ressources de pilotage de l'IDEC ont tout intérêt à intégrer cette étape de choix de l'opérateur.

L'articulation avec Mon espace santé

La messagerie professionnelle a son pendant côté patient. Lancé en janvier 2022, ce service public permet à chacun de stocker et de partager ses données comme ses documents de santé en toute sécurité, pour être mieux soigné. Sa diffusion est désormais quasi universelle : Plus de 95 % des assurés disposent d'un profil Mon espace santé, et Octobre 2024 : le cap des 15 millions d'activations a été franchi. Cette généralisation a eu un coût d'accompagnement assumé, avec 2 Md€ investis pour financer les mises à jour logicielles des professionnels de santé.

Pour l'IDEC, deux règles méritent d'être connues des équipes et expliquées aux familles. D'une part, Les professionnels de santé, les établissements et structures sociales et médico-sociales déposent les documents liés aux soins et examens réalisés. D'autre part, le service intègre Une messagerie sécurisée de santé pour échanger des informations en toute sécurité avec des professionnels de santé, en ville comme à l'hôpital., mais avec un garde-fou important : seul le professionnel de santé a la possibilité d'initier une conversation. Un patient ne peut pas contacter un professionnel de santé s'il n'a pas déjà été contacté par celui-ci. Une nuance utile à clarifier avec les résidents pour éviter les malentendus sur ce que la messagerie permet, ou non.

En somme, le guide de l'ANS ne crée pas une nouvelle obligation du jour au lendemain, mais il fixe un cap sans ambiguïté : faire de la messagerie sécurisée le canal par défaut de la coordination. Pour les équipes, l'inscrire dès maintenant dans les habitudes — fiches de liaison, comptes rendus, lien avec la ville — est le meilleur moyen d'aborder sereinement les prochaines échéances du Ségur. Ce chantier numérique s'inscrit pleinement dans le périmètre élargi du métier d'IDEC, désormais autant coordinateur de parcours que garant de la circulation sécurisée de l'information.

Sources officielles