Le calendrier vaccinal simplifié, document de référence pour la pratique

Santé publique France publie un calendrier simplifié des vaccinations qui rassemble, vaccin par vaccin, les populations concernées et le rythme des injections. Pour la pratique en EHPAD et en coordination de soins, la partie qui intéresse le plus directement les équipes est celle qui touche l'adulte et le senior : virus respiratoire syncytial (VRS), zona, pneumocoque, et le rattrapage possible de la vaccination contre les papillomavirus (HPV). Du côté de l'Assurance Maladie, un autre document éclaire l'organisation de la campagne de vaccination contre la grippe et la part qui revient à l'établissement. Pour une IDEC, ces deux documents se lisent ensemble : l'un fixe les seuils d'âge et les schémas vaccinaux à connaître pour orienter résidents et familles, l'autre précise qui, dans l'établissement, porte la responsabilité de l'organisation pratique de la campagne grippe du personnel.

Les vaccins du senior à connaître

Le VRS cible d'abord les personnes les plus âgées : La vaccination est recommandée aux personnes âgées de 75 ans et plus. Elle est également recommandée aux personnes âgées de 65 ans et plus ayant des pathologies respiratoires chroniques (particulièrement broncho pneumopathie chronique obstructive) ou cardiaques (particulièrement insuffisance cardiaque). Ce repère est utile pour orienter les résidents à risque respiratoire ou cardiaque vers une consultation dédiée, en s'appuyant si besoin sur les procédures internes de suivi des vaccinations.

Pour le zona, le schéma vaccinal est fixé dans le même document : La vaccination est recommandée chez les personnes de 65 ans et plus. 2 doses espacées d’au moins 2 mois sont nécessaires.

Concernant le pneumocoque, la même logique d'âge s'applique : Cette vaccination est aussi recommandée à l’ensemble des personnes de 65 ans et plus.

Le rattrapage HPV chez l'adulte

Le volet HPV du calendrier simplifié conserve une fenêtre de rattrapage au-delà de l'adolescence : La vaccination est recommandée chez les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu’à 26 ans inclus. Pour une IDEC qui accompagne de jeunes professionnels ou des proches aidants n'ayant pas complété ce schéma, ce repère d'âge permet de resituer une orientation vers le médecin traitant sans sortir du cadre recommandé.

La grippe : qui vacciner, et la responsabilité de l'établissement

La vaccination est recommandée pour protéger les personnes à risque de développer une forme grave de la grippe. La vaccination est recommandée chaque année chez les personnes à risque de grippe sévère ou compliquée, à savoir :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ou dans un établissement médicosocial d’hébergement quel que soit leur âge.

La vaccination est aussi recommandée à d’autres populations afin d’assurer une protection indirecte en vaccinant :

  • les professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère ;

Le même texte rappelle une évidence trop souvent reléguée au second plan : Les soignants font partie des personnes à risque de contamination par le virus de la grippe. Plus largement : La vaccination contre la grippe est recommandée pour tout professionnel de santé et tout professionnel en contact régulier avec des personnes à risque de grippe grave. Cela inclut directement les équipes d'EHPAD.

Sur ce terrain, la page dédiée d'ameli.fr observe une réalité persistante : Le taux de couverture vaccinale de ces professionnels demeure cependant très insuffisant. Pour la HAS, l'ordre de priorité reste clair : La Haute Autorité de santé (HAS) insiste sur la nécessité de vacciner en priorité les personnes à risque de forme grave, telles que ciblées dans le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales.

L'organisation de la campagne n'est pas laissée à l'initiative de chaque professionnel : Il relève de la responsabilité des établissements d’organiser la vaccination contre la grippe de leur personnel en s’appuyant, en fonction des caractéristiques de l’établissement, sur les services de médecine du travail, sur les services d’infectiologie ou encore sur les services d’hygiène. Sur le terrain : Les interventions de proximité permettant à l’ensemble du personnel de se faire vacciner en fonction de ses contraintes horaires et de travail sont à rechercher. Ce point recoupe directement l'organisation des plannings pilotée par l'IDEC, un rôle détaillé dans le guide consacré à la fonction d'IDEC en EHPAD.

Bons de prise en charge et acte infirmier

Une fois la vaccination programmée, la question du bon de prise en charge revient régulièrement en coordination. Le principe de base : La prise en charge du vaccin intervient en plus des forfaits de soins, à titre individuel dans le cadre du dispositif mis en œuvre pour l’ensemble des assurés éligibles à la vaccination. Un bon de prise en charge est alors nécessaire pour que l’assuré bénéficie de la gratuité du vaccin.

Pour un résident d'EHPAD, l'acheminement de ce document suit une règle précise : Les bons de prise en charge des personnes hébergées en établissements médico-sociaux sont adressés au lieu de résidence de la personne. Si l’affiliation a bien été réalisée auprès de la caisse pivot, le bon est adressé au résident à l’Ehpad.

Faute de bon reçu à l'avance, les médecins, infirmiers, pharmaciens ainsi que le médecin coordonnateur de l'Ehpad ont accès à un bon de prise en charge vierge sur amelipro. Il leur suffit de le compléter pour le patient concerné. Ce bon permet au résident d’obtenir gratuitement le vaccin en officine.

Lorsque l'établissement dispose d'une pharmacie à usage intérieur, la logique change : Le produit vaccinal est couvert par le forfait de soins de l’Ehpad. Dans ce cas, le bon de prise en charge du patient n’est pas nécessaire.

Cet acte infirmier s'appuie sur une base réglementaire propre, que l'IDEC gagne à connaître pour cadrer les habilitations de son équipe : le Décret n° 2023- 736 du 8 aout 2023 relatif aux compétences des infirmiers et pharmaciens et l'Arrêté du 8 aout 2023 - Liste des vaccins que certains PS sont habilités à prescrire et administrer. Ce cadrage peut utilement être versé aux procédures internes qui documentent déjà les gestes de soins courants, aux côtés par exemple des précautions standards d'hygiène des mains appliquées lors de l'injection.

Ce que ça change pour l'IDEC dans l'organisation de la campagne

Ces repères redessinent une feuille de route très concrète pour la coordination infirmière. Une piste pour structurer la campagne grippe : croiser, établissement par établissement, la liste des résidents et du personnel avec les seuils d'âge et les situations à risque rappelés plus haut, puis désigner un point de contact unique pour la délivrance des bons de prise en charge. Cette lecture propre à l'organisation du site reste compatible avec la répartition des rôles entre médecine du travail, infectiologie et hygiène évoquée plus haut, sans s'y substituer.

Le même travail vaut pour le VRS, le zona, le pneumocoque et le rattrapage HPV : un tableau de suivi partagé avec le médecin coordonnateur permet de repérer les résidents et les professionnels concernés par chaque seuil d'âge, en s'appuyant si besoin sur les outils pratiques déjà disponibles pour le suivi vaccinal. Cette vigilance s'inscrit aussi dans la montée en compétences plus large de l'équipe, qui peut être accompagnée par des parcours de formation dédiés à la prévention vaccinale.

Reste un point d'attention pour l'IDEC : les schémas rappelés plus haut concernent des populations et des âges différents selon le vaccin considéré, avec des logiques d'accès au bon de prise en charge qui varient elles aussi selon la situation du résident et l'organisation pharmaceutique de l'établissement. Une piste consiste à formaliser, pour chaque campagne, un mémo interne qui reprend ces distinctions afin d'éviter toute confusion entre les circuits, sans se substituer aux professionnels de santé compétents pour la décision médicale.

Sources officielles