Une campagne ciblée sur les populations les plus vulnérables
Du 20 avril au 30 juin 2026, une campagne nationale de rappel vaccinal contre la Covid-19 est officiellement lancée par les pouvoirs publics. Son objectif : renforcer la protection immunitaire des personnes les plus exposées aux formes graves, dont l'immunité conférée par les précédentes injections ou infections s'est progressivement amoindrie au fil des mois.
Quatre groupes sont prioritairement concernés :
- Les personnes âgées de 80 ans et plus ;
- Les personnes immunodéprimées, quel que soit leur âge ;
- Les résidents en EHPAD et en unité de soins de longue durée (USLD) ;
- Les personnes présentant un très haut risque de forme grave, sur évaluation médicale individualisée.
La vaccination est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Aucun document particulier n'est requis. La seule condition d'éligibilité est que la dernière injection ou infection Covid-19 remonte à au moins trois mois. Les modalités officielles sont disponibles sur le portail Service-Public.fr et sur les sites des Agences régionales de santé.
En EHPAD : une vaccination directement sur site
Pour les résidents en établissement d'hébergement — EHPAD, USLD, résidences autonomie —, la vaccination s'effectue directement au sein de la structure. Pas besoin de transport, pas de démarche administrative particulière pour les résidents. Cette organisation sur site est un atout logistique considérable pour les personnes à mobilité réduite, mais elle suppose une préparation interne rigoureuse.
Le taux de couverture vaccinale des résidents d'EHPAD lors de la campagne 2024-2025 s'établissait à 63,6 %. Ce chiffre révèle une marge de progression notable. Les obstacles au non-recours sont variés : refus éclairé du résident, réticence de la famille, inéligibilité temporaire après une infection récente, ou défaut d'organisation interne dans l'établissement.
L'efficacité protectrice des vaccins anti-Covid contre les formes graves chez les personnes âgées est estimée entre 40 et 60 % en termes de réduction des hospitalisations, selon les profils et les variants en circulation. Dans une population résidentielle cumulant poly-pathologies et fragilités multiples, cette protection justifie pleinement la mobilisation collective chaque printemps.
Le rôle opérationnel de l'IDEC dans la campagne
Dans un EHPAD, l'infirmière coordinatrice occupe une position stratégique dans la conduite de toute campagne de vaccination collective. Son rôle englobe l'organisation logistique, la communication avec les équipes et les familles, la gestion documentaire et la supervision des pratiques soignantes.
Étape 1 : identifier les résidents éligibles
En lien étroit avec le médecin coordonnateur, l'IDEC doit constituer ou actualiser la liste des résidents éligibles. Ce travail implique de vérifier, pour chaque résident :
- La date de la dernière injection Covid-19 ou de la dernière infection documentée dans le dossier de soins ;
- L'éventuel statut immunodéprimé ;
- L'existence de contre-indications médicales spécifiques.
Ce recensement préalable est indispensable pour planifier les séances et éviter toute administration en dehors des conditions réglementaires. Il s'inscrit dans les missions de coordination clinique définies par le décret n° 2025-897 relatif aux missions de l'infirmier coordinateur en EHPAD.
Étape 2 : recueillir le consentement éclairé
Le recueil du consentement est une obligation éthique et réglementaire incontournable. En EHPAD, cette étape est souvent complexifiée par la présence de résidents présentant des troubles cognitifs modérés à sévères. L'IDEC veille à :
- Informer chaque résident de manière adaptée à son niveau de compréhension ;
- Contacter les personnes de confiance ou les représentants légaux lorsqu'une décision substitutive est nécessaire ;
- Documenter formellement le consentement ou le refus dans le dossier de soins.
Cette démarche de respect de l'autonomie du résident est au cœur des pratiques de bientraitance en établissement.
Étape 3 : planifier et piloter les séances
L'IDEC organise les séances de vaccination en tenant compte des contraintes d'équipe et de l'organisation de l'établissement. Plusieurs modèles sont envisageables :
- Vaccination par les IDE de l'établissement lors des tournées quotidiennes ;
- Organisation de créneaux dédiés par unité de vie ;
- Intervention d'un pharmacien, d'un médecin ou d'un infirmier libéral en renfort si les ressources internes sont insuffisantes.
La traçabilité de chaque injection dans le dossier de soins partagé et dans les outils institutionnels est une étape non négociable. Elle conditionne la sécurité des soins et la conformité aux exigences d'inspection. Pour optimiser ce suivi, consultez nos outils de coordination pour les IDEC.
Communiquer : familles et équipes soignantes
La réussite d'une campagne vaccinale en EHPAD tient en grande partie à la qualité de la communication. L'IDEC est le relais naturel de l'information auprès de deux publics clés.
Avec l'équipe soignante
Les aides-soignants et les IDE sont les premiers interlocuteurs des résidents au quotidien. Former l'équipe aux arguments clés sur la vaccination anti-Covid printanière, répondre à leurs interrogations et leur fournir des éléments de réponse simples pour les familles contribue directement à augmenter le taux d'adhésion dans l'établissement. Cette transmission de compétences fait partie des savoir-faire fondamentaux de l'IDEC.
Avec les familles
Les réticences familiales représentent souvent le principal frein à la vaccination en résidence. Pour les lever, l'IDEC peut :
- Diffuser une note d'information synthétique par courrier ou messagerie sécurisée ;
- Proposer un échange téléphonique aux proches qui expriment des doutes ;
- S'appuyer sur le Conseil de la vie sociale (CVS) pour relayer les messages officiels des autorités sanitaires ;
- Rappeler que la vaccination est prise en charge à 100 % et ne nécessite aucune démarche de la part de la famille.
Que faire en cas d'effet indésirable ?
Les effets indésirables post-vaccinaux restent, dans l'immense majorité des cas, bénins et transitoires : douleur au point d'injection, légère fatigue, fébricule passagère. L'IDEC veille cependant à :
- Surveiller les résidents dans l'heure suivant l'injection, notamment ceux présentant des antécédents allergiques ;
- Documenter tout événement dans le dossier de soins ;
- Déclarer les effets indésirables graves via le portail de pharmacovigilance selon les procédures en vigueur, dans le cadre de la gestion des événements indésirables en EHPAD.
Après le 30 juin : anticiper les campagnes suivantes
La campagne printanière 2026 se termine le 30 juin. Pour les résidents qui ne pourraient pas être vaccinés dans ce délai (infection Covid-19 trop récente, hospitalisation, contre-indication temporaire), l'IDEC note les situations en attente afin de les prioriser lors des campagnes automnales.
Au-delà de la seule Covid-19, la campagne est également l'occasion de vérifier la mise à jour du carnet vaccinal global des résidents : grippe, pneumocoque, zona, et tétanos sont des vaccinations souvent négligées en établissement. Ce contrôle proactif fait partie intégrante d'une démarche de prévention structurée, que l'IDEC pilote en coordination avec le médecin coordonnateur.
Un levier de qualité pour l'IDEC
Piloter une campagne de vaccination collective, c'est bien plus qu'un acte logistique. C'est affirmer le positionnement de l'IDEC comme acteur central de la prévention des risques infectieux en EHPAD — un axe prioritaire des démarches qualité que tout établissement doit intégrer dans son projet de soins.
Dans un contexte où les résidents d'EHPAD sont particulièrement exposés aux complications respiratoires, cette campagne printanière représente une opportunité concrète de réduire les hospitalisations, de préserver la qualité de vie des résidents et de valoriser le rôle de coordination de l'IDEC. La fenêtre est ouverte jusqu'au 30 juin 2026 : autant l'exploiter pleinement.
Pour renforcer la culture préventive au quotidien dans votre établissement, retrouvez nos ressources sur la prévention des escarres et les précautions standard d'hygiène des mains — deux piliers complémentaires d'une démarche préventive globale en EHPAD.