Ce que les soignants consultent désormais via amelipro

Le téléservice ALD d'amelipro ouvre l'accès à un bloc d'informations directement utiles à la coordination. On y retrouve le libellé des ALD en cours ou terminées de moins de 6 mois, le volet patient du protocole de soins, la date de fin de la prise en charge pour chaque ALD, la consultation des retours des services médicaux et l'impression de l'état de prise en charge en cours.

Point essentiel pour l'équipe infirmière : l'accès n'est pas réservé au médecin prescripteur. Le service est accessible à tous les professionnels de santé qu'ils soient ou non à l'origine de la demande d'ALD. La liste des professionnels concernés est large et inclut explicitement les infirmiers, aux côtés des chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthoptistes, orthophonistes, pédicures-podologues, pharmaciens (titulaire et adjoint) et sages-femmes. Pour une IDEC, c'est la possibilité de vérifier l'existence et l'échéance d'une prise en charge sans dépendre d'un appel au cabinet du médecin traitant.

Le protocole de soins versé automatiquement au DMP

La nouveauté la plus structurante concerne l'alimentation du Dossier médical partagé. Depuis le 5 mai 2026, quand le formulaire est réalisé via amelipro, le dépôt du volet patient dans le Dossier Médical Partagé (DMP) est automatiquement proposé au médecin. Concrètement, le protocole de soins n'a plus besoin d'être ressaisi ou photocopié pour circuler : il rejoint le dossier numérique du patient, où l'ensemble des soignants autorisés peut le retrouver.

Pour l'IDEC, cette automatisation change la donne au moment des admissions et des retours d'hospitalisation. Le volet patient du protocole de soins, consultable dans le DMP, précise le périmètre de la prise en charge et oriente la traçabilité. C'est un appui concret aux compétences de coordination attendues de l'IDEC, qui s'exercent d'autant mieux que l'information est partagée et fiable.

Un socle numérique national déjà massivement déployé

Ces accès s'inscrivent dans Mon espace santé, dont le DMP est le cœur. Lancé en janvier 2022, ce service public permet à chacun de stocker et de partager ses données comme ses documents de santé en toute sécurité, pour être mieux soigné. Le déploiement n'est plus marginal : + de 95 % des assurés disposent d'un profil Mon espace santé et + de 230 millions documents déposés en rythme annuel par les professionnels de santé y transitent désormais.

Le médico-social est partie prenante de cette alimentation. Les professionnels de santé, les établissements et structures sociales et médico-sociales déposent les documents liés aux soins et examens réalisés. Un EHPAD n'est donc pas un simple consommateur d'information : il contribue au dossier numérique de ses résidents, ce qui suppose une organisation interne que l'IDEC est bien placée pour structurer. La messagerie est, elle aussi, un outil de coordination : une messagerie sécurisée de santé pour échanger des informations en toute sécurité avec des professionnels de santé, en ville comme à l'hôpital. À noter, côté patient, une règle protectrice : seul le professionnel de santé a la possibilité d'initier une conversation. Un patient ne peut pas contacter un professionnel de santé s'il n'a pas déjà été contacté par celui-ci.

Pro Santé Connect, la porte d'entrée sécurisée

Accéder à ces services suppose une identification forte, assurée par Pro Santé Connect. Le cadre fixé par l'Agence du numérique en santé est désormais contraignant : Depuis le 1er janvier 2023, l'implémentation de PSC est obligatoire pour les services numériques en santé nationaux, territoriaux, ainsi que pour les services locaux qui y sont fortement intégrés. Cette généralisation s'est confirmée : Depuis 2025, son usage généralisé aux services numériques en santé, conformément à la PGSSI-S, et En 2026, l'ambition s'élargit avec le déploiement complet de l'Espace de Confiance Pro Santé Connect, environnement sécurisé permettant aux services numériques d'échanger via des API certifiées.

Pour l'IDEC, l'enjeu pratique est limpide : sans carte de professionnel de santé ou e-CPS active, pas d'accès à amelipro ni au DMP. La vérification des moyens d'identification de l'équipe devient un prérequis de la coordination numérique — un point à intégrer dans la boîte à outils de pilotage de l'établissement.

Ce que ça change pour la coordination du parcours ALD

Rappelons l'enjeu : il s'agit des affections graves ou chroniques nécessitant un traitement prolongé et coûteux, dont les soins sont pris en charge par l'Assurance maladie à 100 % du tarif de la Sécurité sociale. Le suivi d'un patient en ALD mobilise médecin traitant, spécialistes, pharmacien et infirmiers sur la durée : la fluidité de l'information conditionne directement la qualité du parcours.

En donnant à l'IDE et à l'IDEC un accès direct au libellé de l'ALD, à l'échéance de prise en charge et au volet patient du protocole de soins, ces évolutions réduisent les angles morts du parcours. Moins de ruptures d'information aux transitions, une traçabilité renforcée, une coordination ville-établissement consolidée : autant de gains qui rejoignent les missions quotidiennes de l'IDEC en EHPAD. Reste à transformer ces outils en réflexes d'équipe — un chantier d'appropriation que la coordinatrice a tout intérêt à porter dès maintenant.

Sources officielles