Un appel à candidatures en Eure-et-Loir
L'Agence régionale de Santé Centre-Val de Loire lance un appel à candidatures visant à la création de deux équipes mobiles qui interviendront auprès d'EHPAD accueillant ou susceptible d'accueillir des PHV dans le département de l'Eure-et-Loir, selon l'annonce publiée par l'agence. Les porteurs de projet intéressés disposent d'un délai fixé : les dossiers sont à déposer jusqu'au 20/11/2026 à 23h59, exclusivement par voie numérique, sur la plateforme « Démarche numérique ». Ce calendrier de sélection précède donc de plusieurs mois toute intervention effective sur le terrain, ce qui laisse à une IDEC le temps d'anticiper une éventuelle sollicitation future dans le rôle de l'IDEC tel qu'il se redessine autour de ces nouveaux interlocuteurs extérieurs. Repérer, avant même que les équipes ne soient constituées, les situations qui pourraient un jour relever de ce type d'appui fait partie des réflexes qu'une organisation peut commencer à installer dès à présent, sans attendre l'issue de la sélection.
Ce que ces équipes mobiles feront concrètement
Le texte de l'appel à candidatures encadre précisément le périmètre d'action des deux futures équipes. Elles interviendront prioritairement en appui des professionnels et des organisations, avant même d'envisager un contact direct avec un résident. Elles pourront également intervenir, avec l'accord de la personne concernée ou de son représentant légal lorsque la situation le requiert, dans le cadre d'actions ponctuelles d'observation, d'évaluation, de conseil, de préconisation ou d'appui à l'adaptation du projet personnalisé. Ces sollicitations ne sont pas cantonnées à un seul moment du parcours : elles pourront être sollicitées en amont de l'admission en Ehpad, lors de la préparation de l'entrée, au moment de l'accueil ou au cours du séjour afin de prévenir les ruptures de parcours et de sécuriser l'accompagnement. Les familles ne sont pas mises à l'écart de la démarche : les proches aidants et représentants légaux pourront être associés à l'intervention lorsque leur participation est utile à la compréhension de la situation, à l'élaboration des préconisations ou à la continuité de l'accompagnement. Le cadre pose aussi une limite claire, utile à connaître pour situer ce que l'IDEC peut en attendre : ces équipes n'ont pas vocation à se substituer aux professionnels de l'Ehpad ni à assurer un accompagnement régulier, permanent ou direct de la personne. Leurs interventions s'inscriront dans une logique de soutien, de transfert de compétences et de coordination des acteurs du parcours, ce qui en fait un appui ponctuel à mobiliser au bon moment plutôt qu'une ressource permanente à intégrer d'emblée dans les procédures d'admission existantes. Pour une équipe de coordination, cette distinction entre appui ponctuel et présence continue mérite d'être posée clairement dès les premiers échanges, afin d'éviter tout malentendu sur ce que l'intervenant extérieur vient réellement apporter.
Le cadre national : le Plan des solutions pour les Ehpad
Cet appel à candidatures ne sort pas de nulle part : il s'inscrit dans le cadre du Plan des 50 000 solutions (CNH) et répond à l'objectif opérationnel n°57 « Accompagner la transformation et l'adaptation des EHPAD », un objectif qui prévoit notamment de renforcer, selon les besoins du territoire, l'accueil en EHPAD de publics ayant des besoins spécifiques, parmi lesquels figurent les PHV. Le dispositif s'appuie par ailleurs sur un double socle : d'une part de la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002, d'autre part des Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP) de la Haute Autorité de Santé (HAS) relatives à l'accompagnement des personnes handicapées avançant en âge et à l'adaptation des accompagnements tout au long du parcours de vie. Ce cadre réglementaire situe l'initiative eurélienne dans un mouvement plus large que le seul territoire régional. Concrètement, cela peut se lire comme une invitation, pour l'IDEC, à resituer le métier d'IDEC face à une offre médico-sociale qui se spécialise territoire par territoire, selon les besoins identifiés localement, plutôt que comme une mesure appliquée d'un bloc et au même rythme partout.
Un autre territoire, une déclinaison différente
Le même axe national de spécialisation de l'accueil des PHV en Ehpad se décline aussi ailleurs, sous une forme distincte de celle retenue en Eure-et-Loir. En Nouvelle-Aquitaine, un appel à candidatures publié plus tôt dans l'année vise 30 places d'EHPAD pour personnes en situation de handicap vieillissantes par transformation de places existantes, comme le précise l'appel à candidatures de l'ARS Nouvelle-Aquitaine. Ce cahier des charges, conjoint avec le Département des Deux-Sèvres, vise la création de 30 places d'hébergement permanent pour personnes handicapées vieillissantes (PHV) en EHPAD sur le département des Deux-Sèvres par transformation de places pour personnes âgées dépendantes, de manière à créer et/ou consolider des unités dédiées à l'accompagnement du public PHV. Le contexte local diffère de celui de l'Eure-et-Loir : dans le département des Deux-Sèvres, à la fois au domicile comme dans les établissements, les personnes en situation de handicap âgées de plus de 50 ans représentent en moyenne 40% des personnes accompagnées. Le projet régional de santé (PRS) 2018-2028 de l'ARS Nouvelle-Aquitaine précise ces enjeux d'accompagnement de l'avancée en âge des personnes en situations de handicap, avec pour l'un de ses axes le développement d'équipes mobiles médico-sociales spécifiquement dédiées aux personnes en situation de handicap vieillissantes et pour un autre l'identification d'une offre spécialisée d'accompagnement des personnes en situation de handicap vieillissantes au sein d'unités spécifiques en EHPAD garantissant la qualité et la technicité des accompagnements. Le cahier des charges des Deux-Sèvres poursuit ainsi la poursuite du déploiement des UPHV en EHPAD afin de répondre aux besoins des personnes en situation de handicap vieillissantes. Deux logiques différentes cohabitent ainsi sous un même objectif national : des équipes mobiles itinérantes en Eure-et-Loir, des unités dédiées créées par transformation de places existantes dans les Deux-Sèvres.
Ce que ça change pour l'IDEC au quotidien
Pour une IDEC, la perspective d'une équipe mobile PHV en appui de l'établissement modifie surtout l'anticipation. Repérer en amont un futur résident susceptible de relever de ce type d'accompagnement, préparer un dossier de candidature suffisamment tôt dans le parcours, associer la famille ou le représentant légal dès que la situation le justifie : ce sont des réflexes qui rejoignent les compétences de coordination déjà mobilisées au quotidien face aux autres intervenants extérieurs, qu'il s'agisse d'un réseau gériatrique, d'une équipe mobile de soins palliatifs ou d'un dispositif d'appui à la coordination. La coordination avec une équipe mobile PHV suppose aussi de clarifier, en interne, qui reste responsable du suivi régulier du résident, puisque l'appui extérieur ne se substitue pas au travail des équipes de l'établissement. Cette articulation entre intervenant ponctuel et suivi permanent est précisément l'un des équilibres qu'une IDEC doit savoir poser, y compris quand un projet personnalisé doit être ajusté en cours de séjour plutôt qu'à l'entrée seulement. Elle gagne aussi à être formalisée dans les échanges d'équipe, en amont même d'une première sollicitation, pour que chacun sache à quel moment du parcours une telle ressource peut être mobilisée et selon quelles modalités d'accord avec le résident ou son représentant légal. C'est aussi l'occasion, pour les équipes qui le souhaitent, de s'appuyer sur des ressources de formation continue afin de mieux situer ce nouveau type d'intervenant dans l'organisation du parcours du résident, sans attendre que le dispositif soit pleinement déployé sur le terrain.
