Un communiqué sur l’offre régionale

Cet article parcourt, dispositif par dispositif, le communiqué de l’ARS Hauts-de-France consacré aux soins palliatifs, depuis les équipes mobiles jusqu’aux appuis territoriaux. Chaque chiffre régional repris ici vaut pour les Hauts-de-France et pour eux seuls : il n’est pas généralisé à la France et n’est pas mis en regard de ceux d’autres régions.

Sur la nature de l’offre, le texte indique que cette offre inclut des prises en charge au domicile, en établissement médico-social, sur le lieu d’hospitalisation de la personne ou dans des unités dédiées. L’établissement médico-social y figure donc comme un lieu de prise en charge, au même titre que le domicile ou l’hôpital.

Le communiqué avance aussi une estimation des besoins, rendue ici telle quelle : « On estime qu’en Hauts-de-France, près de 39 000 personnes relèveraient chaque année d’un accompagnement en soins palliatifs ». Il s’agit d’une estimation formulée au conditionnel, non d’un décompte de personnes effectivement accompagnées, et elle porte sur l’ensemble de la région.

Les équipes mobiles de soins palliatifs

Le communiqué distingue d’abord les soins palliatifs délivrés par les équipes qui prennent déjà le patient en charge. Il indique que les soins palliatifs peuvent être délivrés directement par les équipes médicales qui prennent en charge le patient au domicile, en Ehpad ou encore à l’hôpital. L’Ehpad est donc nommé expressément dans cette phrase.

Viennent ensuite les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP). Le texte les présente en ces termes : « Les équipes mobiles de soins palliatifs viennent en appui pour former et conseiller les équipes soignantes dans cette prise en charge spécifique ». Pour une IDEC, cette formulation désigne les équipes soignantes comme destinataires de l’appui.

Sur le nombre d’équipes, le communiqué indique que 50 équipes mobiles de soins palliatifs sont réparties dans toute la région pour appuyer les professionnels de santé selon leurs besoins. La suite du texte détaille des sous-ensembles, repris un par un et sans calcul de notre part. Le communiqué mentionne 35 équipes pour intervenir au sein des établissements hospitaliers et médico-sociaux dont 2 équipes spécifiquement pour l’accompagnement aux soins palliatifs pédiatriques. Il mentionne par ailleurs que 12 équipes interviennent auprès des professionnels de santé de ville qui prennent en charge des patients à domicile.

Le communiqué évoque enfin un dispositif d’intervention plus rapide : 3 équipes rapides d’intervention mobilisables dans les quelques heures qui suivent la demande avec un objectif de stabilisation du patient et d’orientation vers le dispositif le plus adéquat pour la suite de la prise en charge. Ces équipes sont décrites par leur délai de mobilisation et leur objectif ; les modalités pratiques de la demande sont à faire préciser localement.

Lits identifiés et unités de soins palliatifs

Les lits identifiés de soins palliatifs, souvent abrégés en LISP, sont présentés ainsi : des lits identifiés de soins palliatifs (LISP) sont installés dans des services hospitaliers fréquemment confrontés à des fins de vie mais qui ne sont pas spécialisés en soins palliatifs. Pour la région, le communiqué relève que 557 lits identifiés de soins palliatifs sont destinés à des patients en fin de vie dans 91 établissements de la région.

Les unités de soins palliatifs (USP) forment un autre niveau, que le texte décrit par le public accueilli : les patients y sont accueillis en phase avancée ou terminale de la maladie lorsque la prise en charge ne peut plus être à domicile, en établissement médico-social ou dans le service hospitalier d’origine. L’établissement médico-social figure donc, là encore, parmi les lieux d’origine possibles de la personne.

Côté capacités, le communiqué indique que 34 unités de soins palliatifs sont réparties dans la région pour un total de 365 lits. Il en tire lui-même un rapprochement avec la moyenne nationale : « Le taux d’équipement régional de 6,1 lits d’USP / 100 000 habitants en Hauts-de-France (moyenne nationale de 3,1 lits / 100 000 habitants) illustre la densité des accompagnements proposés en Hauts-de-France ». Cette comparaison est celle de la phrase citée : elle ne concerne que les lits d’USP, et cet article ne la prolonge pas aux autres dispositifs.

Maison d’accompagnement et hôpitaux de jour

Le communiqué présente aussi une structure plus récente, la maison d’accompagnement. Il indique que ces maisons accueillent des personnes dont l’état de santé est relativement stable mais pour lesquelles le maintien à domicile n’est pas possible ou n’est pas souhaité. Au sujet de leur déploiement, il précise que 12 premières maisons d’accompagnement sont expérimentées en France dont une dans les Hauts-de-France qui ouvrira début décembre 2026 à Armentières. L’ouverture y est formulée au futur : cet article la rapporte comme telle, sans préjuger de sa réalisation.

Les hôpitaux de jour complètent ce panorama. Le texte indique que les hôpitaux de jour en soins palliatifs s'adressent à des personnes suivies à domicile dont l’état de santé est stable et non complexe. Il ajoute que 24 hôpitaux de la région accueillent ces dispositifs.

Les appuis territoriaux

Dernier dispositif de la cartographie, les appuis territoriaux de soins palliatifs sont, selon le communiqué, des dispositifs permettant de répondre aux besoins des professionnels de santé d’accéder à l’expertise palliative quel que soit le lieu de prise en charge du patient, la nuit, le week-end et les jours fériés.

Sur leur nombre, le communiqué indique que la région dispose actuellement de 6 appuis territoriaux de soins palliatifs pour les patients adultes et de 2 appuis territoriaux pour les soins palliatifs pédiatriques. Comme pour les équipes mobiles, ces effectifs sont des chiffres de région.

Quelques repères nationaux du CNSPFV

Pour situer ces éléments, l’atlas 2026 du CNSPFV fournit des chiffres nationaux. Leur millésime et leur périmètre diffèrent de ceux du communiqué régional : ils ne s’additionnent pas à ces derniers et ne se lisent pas en regard de ceux-ci, au-delà de la moyenne nationale que reprend déjà l’ARS pour les lits d’USP.

L’atlas indique que 438 équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP) couvrent désormais l’intégralité du territoire, avec 198 904 interventions réalisées en 2023. La phrase associe un nombre d’équipes, présenté comme actuel, et un volume d’interventions rattaché à une année précise : deux données de nature différente.

Le même atlas indique que 6 071 EHPAD sont conventionnés avec une EMSP pour un accompagnement renforcé. Ce chiffre est de portée nationale ; cet article ne le décline pas à la région.

L’atlas énumère encore, pour les lits, « 6 538 en lits identifiés de soins palliatifs (LISP), soit plus de 1500 lits en 10 ans », puis indique que 86 Hôpitaux de jour proposent des soins palliatifs (d’autres sont en cours de reconnaissance par les ARS). Ces décomptes nationaux ont leur propre date de référence ; ils ne sont pas rapprochés ici des chiffres de la région.

Pistes pour une IDEC : une lecture propre à cet article

Cette dernière partie ne reprend plus le communiqué : elle relève d’une lecture propre à cet article, présentée sous forme de pistes, sans prêter d’intention à l’ARS. Chacune est à adapter au contexte local.

  • Partir de la situation du résident et la rapprocher des catégories de la cartographie (équipe mobile, lit identifié, unité, hôpital de jour, appui territorial), afin de savoir quel dispositif est susceptible d’être sollicité. La clarification du rôle de l’IDEC en Ehpad aide à situer cette fonction de coordination.
  • Se renseigner localement sur les équipes qui interviennent auprès de l’établissement et sur la manière de les contacter, notamment en dehors des heures ouvrables.
  • Tracer chaque demande d’appui (motif, interlocuteur, réponse) pour que la décision d’orientation reste lisible d’un soignant à l’autre. Le guide métier de l’IDEC replace cette traçabilité dans l’ensemble des missions de coordination.
  • Associer la réflexion palliative à la vigilance quotidienne de l’équipe, en gardant à l’esprit les signaux de maltraitance et de bientraitance.

Ces pistes n’ont de valeur que dans la mesure où elles sont confrontées à la réalité du territoire : les chiffres régionaux décrivent une offre, pas la disponibilité d’une équipe donnée auprès d’un établissement donné.

Sources officielles