Ce que révèle l'enquête flash de l'Uniopss
La Semaine Bleue, dont la 75e édition se tient du 5 au 11 octobre 2026, est portée par l'Uniopss, coordinatrice de la Semaine Bleue. Pour l'occasion, l'organisation publie la synthèse de son enquête flash sur les initiatives en faveur du bien vieillir, issue d'une enquête qualitative, menée de mi-juillet à mi-septembre 2026 conduite auprès de 30 acteurs du grand âge, représentatifs de l'ensemble des types de structures associatives engagées auprès des personnes âgées. Cette démarche donne la parole directement aux structures de terrain sur les initiatives qu'elles portent au quotidien en faveur du bien vieillir.
Plus de deux-tiers des structures interrogées ont intégré cette dimension dans leurs initiatives bien vieillir, selon la synthèse. L'Uniopss, à l'origine de l'enquête, regroupe à l'échelle nationale près de 35 000 établissements, 750 000 salariés et un million de bénévoles. Pour l'IDEC, dont le quotidien s'organise largement autour de la coordination du parcours des résidents, cette synthèse offre un état des lieux des pistes mises en œuvre par d'autres structures du secteur associatif, utile pour nourrir ses propres réflexions de terrain.
L'intergénérationnel, un axe qui structure les initiatives de terrain
Les initiatives recensées par l'Uniopss se déploient en s'appuyant sur cinq leviers majeurs, parmi lesquels l'intergénérationnel. Selon la synthèse, « La dimension intergénérationnelle constitue un axe structurant », presque systématiquement mis en avant dans les initiatives déployées par les structures interrogées.
Concrètement, les dispositifs de cohabitation intergénérationnelle solidaire se développent, aux côtés de l'accueil de jeunes en résidence autonomie et d'ateliers menés avec des écoles qui, selon l'Uniopss, renforcent l'inclusion et la dynamique collective. Pour l'IDEC, une piste consiste à s'appuyer sur son rôle de coordination au sein de l'établissement pour identifier les partenaires associatifs ou scolaires du territoire et articuler ces projets avec le projet de vie personnalisé des résidents. Une autre piste, complémentaire, consiste à cartographier les partenariats déjà noués avec des écoles, des associations ou des résidences autonomie du territoire, puis à formaliser un calendrier de rencontres régulières plutôt que des temps isolés, afin d'inscrire ces initiatives dans la durée plutôt que dans l'épisodique.
Lien social, participation des résidents : les autres leviers identifiés
Au-delà de l'intergénérationnel, la synthèse de l'Uniopss documente plusieurs autres leviers. De nombreuses actions visent à lutter contre l'isolement et à dynamiser la vie sociale, à travers des ateliers créatifs, activités collectives et culturelles, journées bien-être. Les établissements ont par ailleurs développé des espaces favorisant l'estime de soi, la parole et la citoyenneté des personnes âgées — une attention qui, pour l'IDEC, peut nourrir une piste de vigilance autour des signaux de bientraitance au quotidien.
La prévention occupe également une place documentée par l'enquête, avec des actions portant sur l'activité physique, ateliers mémoire et audition, nutrition, sommeil, prévention des chutes. Dans le secteur du domicile, « La réforme des services à domicile vise à renforcer la coordination entre acteurs, faciliter l'orientation et permettre un accompagnement global » — une piste de coordination qui mobilise, en établissement comme à domicile, les mêmes compétences de coordination de l'IDEC.
Ces axes — vie sociale, expression des résidents, prévention et coordination — peuvent se retrouver dans un même tableau de suivi piloté par l'IDEC, où chaque action est reliée à un objectif individuel du projet de vie personnalisé plutôt qu'à une programmation d'animation générique. Cette piste de lecture permet de documenter, auprès de la direction, la contribution de chaque atelier au parcours de chaque résident, et de distinguer ce qui relève de l'accompagnement individuel de ce qui relève de la vie collective de l'établissement. Ce même support peut ensuite servir de base aux transmissions entre équipes, afin que chaque professionnel retrouve, pour un résident donné, les actions déjà engagées sur ces différents registres.
Les freins que les structures remontent
Plusieurs obstacles limitent le déploiement de ces initiatives. Sur le plan humain, « Le manque de personnel est un frein transversal » : les équipes, fortement sollicitées par les soins, disposent de peu de temps pour développer des actions hors soins. Sur le plan financier, « La baisse continue des subventions et l'augmentation des charges fragilisent la pérennité des actions ».
Concernant l'habitat intergénérationnel en particulier, « Le développement de l'habitat intergénérationnel se heurte à plusieurs obstacles ». En zone rurale, la mobilité des jeunes est également limitée, ce qui réduit les possibilités de cohabitation intergénérationnelle. Face à ces constats, les acteurs interrogés font remonter, pour le prochain quinquennat, une attente prioritaire : financement massif et pérenne du lien social, de l'animation et de la prévention dans tous les lieux de vie des personnes âgées.
Une piste consiste, pour l'IDEC, à documenter ces freins dans les instances de pilotage de l'établissement — temps dédiés disponibles, soutiens associatifs mobilisables sur le territoire, partenariats scolaires existants — afin d'objectiver, auprès de la direction, les arbitrages nécessaires pour pérenniser les actions de lien social et d'ouverture intergénérationnelle plutôt que de les reconduire d'année en année sans visibilité.
Ce que la CNSA suit en parallèle : l'offre d'habitat intermédiaire et intergénérationnel
En parallèle de ces remontées de terrain, la CNSA documente, dans son infographie « une réponse au défi démographique et inclusif », l'évolution de l'offre d'habitat intermédiaire, ces différentes formes d'habitat conçues pour bien vivre et bien vieillir malgré la perte d'autonomie, à mi-chemin entre le domicile historique et l'établissement. La population que suit la CNSA pour dimensionner cette offre atteindra 11 millions de personnes en 2050, dans un contexte où l'agence fixe un objectif de 500 000 solutions de logement en habitat intermédiaire.
Aujourd'hui, selon la CNSA, 280 000, 6,5 % des personnes concernées vivent déjà en habitat intermédiaire, et 16,5 % vivent en établissement, dont EHPAD. Parmi les atouts mis en avant pour ce type d'habitat figurent le lien social et la prévention de la perte d'autonomie ainsi qu'un cadre de vie ouvert et facilitant. Cette typologie se présente comme un ensemble de solutions de logement intermédiaires entre le domicile et l'établissement, dans un paysage où l'IDEC peut avoir à orienter des familles vers différentes options selon le niveau de perte d'autonomie.
Les recommandations du Conseil de la CNSA dessinent plusieurs priorités pour les années à venir, parmi lesquelles :
- « Créer 500 000 solutions de logement en habitat intermédiaire d'ici 2050 » ;
- « Réformer la gouvernance et le pilotage de l'offre d'habitat intermédiaire » ;
- « Mieux accompagner les personnes et leurs proches en habitat intermédiaire » ;
- « Soutenir et mieux former les professionnels intervenant en habitat intermédiaire ».
Pour l'IDEC, une piste consiste à situer l'établissement dans cette offre territoriale d'habitat intermédiaire lors des échanges avec les familles en recherche de solutions de logement adaptées, en amont ou en complément d'une entrée en Ehpad. Repérer, sur le territoire, les dispositifs de cohabitation solidaire ou les résidences autonomie accueillant des jeunes peut aussi nourrir les partenariats intergénérationnels évoqués plus haut, sans attendre qu'un résident soit déjà installé en établissement pour amorcer ce travail de lien, dans une logique de parcours plutôt que de simple admission.
