Ce que mobilise la CNSA pour les aidants

Dans son actualité consacrée à la mobilisation de la branche Autonomie et de ses partenaires, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) écrit que le soutien aux proches aidants constitue une priorité pour la CNSA et l’ensemble de la branche Autonomie. Lecture propre à cet article : pour l’infirmière diplômée d’État coordinatrice qui échange avec les familles, ce texte offre un point de repère sur les dispositifs existants. Le rôle de coordination de l’IDEC auprès des résidents et de leurs proches y trouve un prolongement possible, dans le cadre de la lecture proposée plus bas.

Précision de méthode : les pistes présentées en fin d’article constituent une lecture propre à cet article. Ce ne sont pas des prescriptions de la CNSA, et elles n’attribuent aucun fait à un type de structure en particulier.

L’actualité inscrit cette mission dans la durée : « Depuis 2007, la CNSA poursuit l’objectif de favoriser l’accès à des solutions dans tous les territoires, en réponse aux besoins des aidants ». Elle la relie à la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2022-2026 conclue avec l’État, qui comporte un axe dédié aux aidants. La prochaine convention, appelée à débuter en 2027, devrait poursuivre la structuration d’une politique durable, volontariste et inscrite dans la durée. Le conditionnel est celui du texte : il s’agit d’une orientation annoncée, non d’un contenu arrêté.

Le texte précise aussi que cette politique dépasse le seul champ de la perte d’autonomie. Elle contribue à préserver la santé des aidants et les équilibres familiaux, à sécuriser les parcours des jeunes aidants ou encore à favoriser la conciliation entre vie professionnelle et rôle d’aidant. Cet article s’organise en quatre entrées : les financements, l’offre de répit, les jeunes aidants et les droits des salariés aidants.

Les financements : CFPPA et associations têtes de réseau

Deux canaux de financement sont décrits, et il faut les distinguer. Le premier passe par les CFPPA, c’est-à-dire les commissions des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. La CNSA anime leur réseau au niveau national et verse aux départements des concours qui contribuent au financement des actions d’accompagnement des proches aidants de personnes âgées de plus de 60 ans. Pour l’activité de ces commissions, l’actualité donne un bilan : « En 2024, les CFPPA ont mobilisé plus de 11,3 M€ pour accompagner 108 845 aidants de personnes âgées en perte d’autonomie ».

Le second canal concerne les associations têtes de réseau nationales. La CNSA soutient, dans le cadre de conventions, huit associations têtes de réseau nationales. Ces associations conduisent des actions de formation, d’information, de sensibilisation et de soutien psychosocial, adaptées aux besoins des aidants et à la situation des personnes qu’ils accompagnent. Côté chiffres, un soutien financier de plus de 5,2 M€ en 2024 leur a permis de toucher 52 714 bénéficiaires.

Les deux séries de chiffres portent sur des dispositifs distincts, les CFPPA d’un côté et les associations têtes de réseau de l’autre ; cet article ne les additionne pas. Lecture propre à cet article : savoir que ces deux canaux existent permet à l’IDEC de renseigner une famille sur des actions de formation et de soutien psychosocial, sans prétendre en connaître l’offre précise de chaque territoire. Pour situer ce rôle d’information, le guide métier de l’IDEC peut servir de repère.

L’offre de répit : accueil ponctuel ou temporaire et relayage

Le sigle ESMS désigne les établissements et services médico-sociaux. L’organisation de l’offre de répit constitue également un pilier de l’action de la CNSA. Cette structuration de l’offre passe par une plus grande ouverture des ESMS à l’accueil ponctuel ou temporaire des personnes accompagnées. Cette structuration doit permettre aux aidants de disposer de temps de répit, mais aussi de trouver auprès de ces structures une information, une orientation et un soutien adaptés.

Le relayage à domicile est l’autre volet. La structuration de l’offre de répit repose également sur le développement du relayage à domicile. Le texte décrit ce relayage ainsi : l’intervention temporaire d’un professionnel permet à l’aidant de s’absenter ou de se reposer, sans modifier le cadre de vie de son proche.

Sur sa page consacrée au financement de l’aide aux proches aidants, la CNSA finance le déploiement des plateformes d’accompagnement et de répit ainsi que la création de places d’accueil de jour ou d’hébergement temporaire prévus dans les différents plans de santé publique. Cet article ne chiffre pas l’offre de répit disponible et ne détaille pas les conditions de prise en charge d’un accueil temporaire : ces informations se vérifient auprès des acteurs locaux et des structures concernées.

Les jeunes aidants : un public à repérer

La CNSA cite le programme de recherche JAID, qui dénombre entre 3 et 4 élèves aidants par classe au collège et au lycée et, selon la même phrase, près d’1 étudiant sur 6 est également aidant d’un proche. Le périmètre cité est donc celui des élèves du collège et du lycée, puis celui des étudiants.

L’actualité indique la réponse engagée : « Pour améliorer leur repérage et leur accompagnement, la CNSA soutient, depuis mars 2026, 12 projets répartis sur l’ensemble du territoire ». Les projets bénéficient d’un soutien financier de la CNSA pendant 18 mois, permettant de couvrir l’année scolaire 2026-2027.

Lecture propre à cet article : un jeune aidant n’est pas toujours visible dans un échange avec une famille. L’IDEC peut simplement, au détour d’une conversation, demander qui s’occupe du proche au quotidien et si de plus jeunes membres de la famille y participent, afin d’orienter vers les ressources évoquées ci-dessus.

Les droits des salariés aidants : congé et allocation

Sur la page de la CNSA consacrée au financement de l’aide aux proches aidants, l’allocation journalière du proche aidant est présentée ainsi : « Depuis 2020, un proche aidant peut bénéficier de » cette allocation, abrégée AJPA. La CNSA finance l’AJPA versée aux aidants par la caisse d’allocations familiales.

Pour les salariés, la fiche Service-Public.fr sur le congé de proche aidant donne plusieurs repères. D’une part, le congé ne peut pas dépasser 1 an sur l'ensemble de la carrière du salarié. D’autre part, l’employeur ne peut pas refuser le congé. Côté allocation, l’AJPA vise à compenser une partie de la perte de salaire, dans la limite de 66 jours par personne aidée, et le salarié a droit à un maximum de 22 jours d'AJPA par mois.

Ces droits figurent sur des pages officielles distinctes de l’actualité de la CNSA. Lecture propre à cet article : l’IDEC n’a pas à instruire un dossier, mais peut indiquer à un aidant que ces droits existent et l’inviter à consulter les pages officielles listées en fin d’article.

Pistes pour l’IDEC auprès des familles

Les pistes qui suivent relèvent d’une lecture propre à cet article, et non d’une consigne de la CNSA. Elles partent du rôle de coordination de l’IDEC, que présente le référentiel des compétences de l’IDEC.

  • Informer : mentionner l’existence des plateformes d’accompagnement et de répit évoquées plus haut, ainsi que l’AJPA et le congé de proche aidant, en orientant vers les pages officielles plutôt qu’en détaillant des conditions que l’article ne documente pas.
  • Repérer l’épuisement : prêter attention à ce que l’aidant dit de sa fatigue ou de sa difficulté à s’absenter. Ce repérage peut être noté pour que l’équipe en soit informée.
  • Proposer un accueil temporaire : si la structure dans laquelle l’IDEC exerce dispose d’un accueil ponctuel ou temporaire, le présenter à la famille comme une option de répit, sans en préjuger les modalités.
  • Tracer et relayer : consigner dans le dossier de la personne ce qui a été dit à la famille et en informer l’équipe, afin que chacun donne la même information.

Ces pistes restent des suggestions de coordination. Elles demandent d’être confrontées aux pratiques et aux ressources locales de chaque structure avant d’être retenues.

Sources officielles