Des résidents aux situations complexes

L’avant-propos de la plaquette de présentation de la stratégie aborde le profil des personnes accueillies. Selon l’ARS Île-de-France dans sa plaquette consacrée à la stratégie, les résidents d’EHPAD présentent aujourd’hui des situations complexes, cumulant en moyenne huit pathologies, et 66 % d’entre eux sont touchés par une affection neuro évolutive. L’avant-propos poursuit, à propos de ce profil : cette réalité renforce la nécessité d’adapter nos organisations, de soutenir les professionnels et d’élargir les solutions d’accompagnement pour répondre aux attentes des personnes âgées et de leurs proches. Une IDEC peut rapprocher ce constat du profil des résidents de son propre établissement.

Dans ses constats consacrés aux maladies neurodégénératives, la plaquette indique : « aujourd’hui déjà, 1,6 million de personnes vivent avec une MND, ce chiffre augmentera de 40 % d’ici 20 ans ». Le sigle MND désigne ici les maladies neurodégénératives.

Du côté de la démographie régionale, la page d’actualité publiée par l’ARS sur le déploiement de la stratégie régionale annonce que, d’ici 2030, le nombre de Franciliens âgés de plus de 75 ans augmentera de 18 %, avec des progressions particulièrement marquées dans des départements que la page nomme : la Seine-et-Marne, le Val-d’Oise et la Seine-Saint-Denis. Elle ajoute que cette évolution intervient dans une région dont le niveau d’équipement médico-social demeure insuffisant et marqué par d’importantes disparités territoriales.

Des axes tournés vers les Ehpad

La stratégie s’organise en plusieurs axes. Les axes consacrés au domicile et aux aidants ne sont pas traités ici, puisque cet article s’intéresse aux établissements. Trois axes sont cités ici, car ils portent sur les Ehpad ou sur l’accès aux soins des personnes âgées :

  • Axe 3 : Développer et diversifier l’offre d’accueil en EHPAD afin de rapprocher le taux d’équipement francilien de la moyenne nationale
  • Axe 4 : Mieux accueillir en EHPAD les publics en situation de fragilité
  • Axe 5 : Renforcer l’accès aux soins des personnes âgées et fluidifier leurs parcours de santé

La mise en œuvre n’est pas centralisée. D’après la page de l’ARS, la stratégie est déclinée dans chaque département par les délégations départementales de l’ARS, en lien étroit avec les Conseils départementaux et les acteurs locaux. Pour replacer ces orientations dans le quotidien du poste, voir le rôle de l’IDEC en Ehpad.

Un objectif de places et d’ouverture

L’axe consacré à l’offre d’accueil vise à rapprocher le taux d’équipement francilien de la moyenne nationale, comme l’indique son libellé cité plus haut. La plaquette donne ensuite des éléments sur les places : 900 places sont d’ores-et-déjà inscrites en programmation pour un montant de 20,4 M€ sur la période 2026 – 2030. Elle précise par ailleurs que 920 places supplémentaires sont à créer pour un montant de 21 M€, en coordination et cofinancement avec les Conseils départementaux.

Un critère qualitatif accompagne ces créations : cette nouvelle offre devra nécessairement être ouverte sur son environnement extérieur afin de prendre en compte le besoin croissant d’inclusion des résidents âgés. La formulation est celle de la plaquette ; elle ne détaille pas, dans ce passage, la manière dont chaque établissement doit la traduire. Cet article ne prête donc aucune règle supplémentaire à cette exigence.

Les mesures retenues en 2026

Pour l’année en cours, la page de l’ARS indique qu’en 2026, l’ARS Île-de-France mobilise 19 millions d’euros pour financer de premières mesures, notamment à travers une série d’appels à candidatures. Elle énumère ensuite plusieurs mesures. Quatre d’entre elles sont rappelées ici brièvement :

  • Pôles d’activités et de soins adaptés : l’ouverture prochaine de 68 nouveaux pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) à destination de personnes âgées atteintes de maladies neurodégénératives, dont 19 PASA classiques et 49 PASA de soirée ou de nuit
  • Troubles psychiatriques : la création de 12 unités spécialisées en EHPAD pour l’accueil et l’accompagnement de résidents présentant des troubles psychiatriques (3 M€)
  • Grande précarité : la création de 3 pôles spécialisés en EHPAD pour mieux accueillir les personnes issues de la grande précarité, notamment celles ayant connu un parcours de rue (0,7 M€)
  • Tiers-lieux : le soutien à l’investissement pour la création de 17 tiers-lieux en EHPAD, favorisant l’ouverture des établissements sur leur environnement et l’inclusion des résidents dans la vie locale (2 M€)

Le détail de chacune de ces mesures n’est pas repris dans cet article. Pour une IDEC, la lecture utile consiste d’abord à repérer, parmi elles, celles qui touchent le profil de résidents de son propre établissement. Il s’agit d’une piste de lecture propre à cet article, et non d’une demande de l’ARS.

Astreintes infirmières de nuit : un point d’attention

Parmi les éléments de la plaquette qui touchent l’organisation des équipes, la mention suivante retient l’attention d’une IDEC : « Généraliser les astreintes infirmières de nuit dans tous les EHPAD franciliens ». La plaquette emploie le verbe généraliser et vise tous les Ehpad franciliens.

Cet article ne dispose d’aucun élément documenté sur les modalités concrètes de cette généralisation, sur le calendrier ou sur ses effets pour les effectifs : il ne les décrit donc pas. Une piste d’organisation, qui n’émane pas de la plaquette, consiste à décrire par écrit comment la nuit est couverte dans l’établissement aujourd’hui : qui est joignable, à quel moment, et quelles informations les équipes de jour transmettent à celles de nuit. Ce document de travail permet ensuite de situer précisément la couverture actuelle de la nuit. Les événements survenus la nuit peuvent aussi être relus à l’aune de la procédure sur les événements indésirables.

Filières gériatriques et chutes

Sur le volet des soins, la plaquette décrit l’existant en gériatrie : La région Île-de-France est structurée en 34 filières de soins gériatriques et comprend 55 équipes mobiles de gériatrie qui assurent chaque année 45 000 interventions en intrahospitalier et 17 000 en extrahospitalier.

L’ARS indique aussi qu’elle souhaite promouvoir la bonne articulation entre les différents dispositifs concourant à inscrire chaque patient dans une logique de parcours en veillant à réduire les risques de rupture. Au sujet des chutes, la plaquette relève que le nombre d’hospitalisations en lien avec une chute augmente de manière dynamique ces dernières années. Cette phrase est citée telle quelle ; l’article ne la rapproche d’aucune mesure précise de la stratégie.

Une piste, propre à cet article : conserver, pour chaque chute survenue dans l’établissement, la trace de l’intervention d’un acteur de la filière gériatrique ou de l’équipe mobile, afin de disposer d’un historique lisible lors d’un échange avec l’ARS ou avec le département. La procédure sur la bientraitance peut servir de repère pour les situations de fragilité évoquées par l’axe consacré aux publics fragiles.

Ce que l’IDEC peut en faire

La plaquette présente la stratégie comme une feuille de route collective. Des pistes de lecture, propres à cet article, peuvent aider à s’y repérer.

  • Comparer le profil de ses résidents avec les constats de la plaquette, en s’appuyant sur ses propres données de suivi.
  • Identifier, parmi les mesures retenues, celles qui correspondent à un besoin repéré dans l’établissement, puis en parler avec la direction.
  • Faire le point sur la couverture infirmière de nuit, afin de disposer d’un état des lieux de la nuit.

Pour situer ces actions dans l’ensemble des missions, le guide du métier d’IDEC offre un point d’appui, et les formations proposées sur le site permettent d’approfondir la coordination en établissement.

Sources officielles