Une mobilisation nationale, appuyée sur les départements et les ARS
Dans la page de l’ARS Pays de la Loire consacrée à ses priorités d’action, France Autonomie est présentée comme une démarche nationale. L’agence en situe le lancement au printemps 2026 par la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Elle ajoute que la mobilisation par et avec nos aînés, dite France Autonomie, doit permettre d’anticiper le pic démographique dans une approche territorialisée.
La même page indique que cette mobilisation s’appuie sur une concertation renforcée avec les départements et les ARS, qui sont les acteurs de terrain de l’autonomie. Quant à l’enjeu, l’ARS l’énonce en ces termes : « L’enjeu est de préparer le pays à la transition démographique : à partir de 2030, les générations nées entre 1945 et 1960 entreront dans le quatrième âge, ce qui accélérera les besoins d’accompagnement de la perte d’autonomie. »
L’ARS Pays de la Loire précise que cet accompagnement sera orienté vers six priorités : mieux connaître pour anticiper les besoins ; agir pour vieillir en bonne santé ; valoriser les métiers de l’autonomie ; diversifier les lieux de vie ; accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie ; aider les aidants. Parmi ces priorités figure accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie. Cet article la nomme telle qu’elle figure dans la liste, sans en décrire le contenu.
Cet article rapporte la démarche telle que la présentent les ARS Pays de la Loire et Île-de-France, sans mêler leurs propos : tout ce qui relève de la première est attribué à l’ARS Pays de la Loire, tout ce qui relève de la seconde à l’ARS Île-de-France. Après ce compte rendu, une section de pistes, présentée comme une lecture propre à cet article, propose des repères aux IDEC. Pour replacer la fonction dans son contexte, on pourra lire l’article sur le rôle de l’IDEC en EHPAD.
Le diagnostic de l’offre, département par département
Sur le diagnostic, la page de l’ARS Pays de la Loire fait état de travaux engagés dans chaque département pour réaliser un diagnostic précis de l’offre et des solutions disponibles pour l’accompagnement de nos aînés. La même phrase mentionne l’objectif de construire une vision précise, objectivée et partagée des besoins des personnes âgées.
La page ajoute : « En mars 2026, l’ARS a ainsi consolidé les données de tous les segments de l’offre (Ehpad, domicile, habitat partagé, etc.) ». L’ARS Pays de la Loire décrit ensuite la suite de la démarche : « La seconde phase vise à identifier, pour chaque département, les besoins à l’horizon du pic démographique, en croisant analyses quantitatives et qualitatives et concertation locale. »
Ce déroulé est celui que donne la page de l’ARS Pays de la Loire. Cet article ne rapporte aucun résultat chiffré de ces diagnostics départementaux : la page, telle qu’elle est reprise ici, décrit une méthode et des étapes.
Besoins, auto-évaluation et freins : ce que décrit la page
S’agissant des besoins, la page de l’ARS Pays de la Loire indique : « Chaque département a été invité à estimer le nombre et la nature des solutions à développer pour les personnes âgées dépendantes, selon le type d’habitat : typologie des profils de résidents accueillis en EHPAD, renforcement de l’offre domiciliaire, développement de l’habitat partagé. » La typologie des profils de résidents accueillis en EHPAD est ainsi l’un des éléments cités par la page, à côté de l’offre domiciliaire et de l’habitat partagé.
La page décrit aussi une auto-évaluation : « Chaque segment (EHPAD et unités de soins de longue durée, domicile, soutien aux aidants, accès aux soins et prévention des hospitalisations, publics spécifiques) fait l’objet d’une auto-évaluation : l’offre est-elle adaptée, en cours d’adaptation, insuffisante ou inadaptée ? » L’EHPAD et les unités de soins de longue durée y forment un segment parmi d’autres.
Sur les obstacles, l’ARS écrit : « Les freins majeurs sont identifiés (ressources humaines, financement, attractivité, coordination, reste à charge pour les usagers) ainsi que les conditions de réussite. » Cet article ne rattache pas cette liste à un segment en particulier.
Dans cette partie, les éléments sont rapportés tels que la page les formule.
Les suites annoncées jusqu’à la Conférence nationale
Pour la suite, l’ARS Pays de la Loire écrit que ces travaux aboutiront à une appréciation globale du niveau de préparation de chaque département au virage démographique. Elle ajoute qu’ils permettront aussi de repérer des initiatives locales inspirantes, de formuler des priorités nationales pour soutenir l’adaptation de l’offre et de proposer des évolutions du cadre réglementaire, et qu’ils alimenteront la Conférence nationale de l’autonomie.
La page relie donc, dans ses propres termes, un travail conduit département par département à des suites formulées à l’échelle nationale. Cet article s’en tient à cette description.
La déclinaison en Île-de-France
Du côté francilien, la présentation de la stratégie régionale par l’ARS Île-de-France la rattache à la démarche nationale : pour cette ARS, cette mobilisation régionale s’inscrit pleinement dans la dynamique « France Autonomie » impulsée au niveau national. Le même texte indique que l’ARS et les conseils départementaux franciliens ont contribué à cette démarche en partageant leur connaissance des territoires et en approfondissant le diagnostic des besoins.
Sur la démographie, l’ARS Île-de-France écrit : « D’ici 2030, le nombre de Franciliens âgés de plus de 75 ans augmentera de 18 % ». Ce chiffre est propre à la région ; il n’est pas transposable aux Pays de la Loire, dont la page ne le reprend pas.
Plusieurs mesures de la stratégie francilienne visent l’EHPAD. Parmi les mesures que cite la page, que celle-ci ne rattache pas à un axe précis, on lit :
- « La création de 12 unités spécialisées en EHPAD pour l’accueil et l’accompagnement de résidents présentant des troubles psychiatriques (3 M€). »
- « La création de 3 pôles spécialisés en EHPAD pour mieux accueillir les personnes issues de la grande précarité, notamment celles ayant connu un parcours de rue (0,7 M€). »
Ces mesures sont celles que cite la page francilienne. Cet article ne les compare pas à ce que décrit l’ARS Pays de la Loire, dont la démarche est présentée dans les sections précédentes.
Pistes pour l’IDEC : une lecture propre à cet article
Ce qui suit est une lecture propre à cet article : ce sont des pistes, que chaque IDEC adaptera à son établissement, à son organisation et à son territoire. Elles ne se présentent pas comme des consignes des ARS et ne préjugent pas des suites que celles-ci donneront à leurs travaux. Pour situer ces pistes dans l’exercice de la fonction, voir le guide du métier d’IDEC.
Première piste : tenir à jour, pour son établissement, une description des profils de résidents accueillis. Cette piste se rattache à l’un des éléments cités par la page de l’ARS Pays de la Loire, typologie des profils de résidents accueillis en EHPAD. Concrètement, on peut imaginer un document de travail partagé avec le médecin coordonnateur et la direction, mis à jour à intervalles réguliers, et rédigé sans donnée nominative. Le mobiliser suppose un regard d’ensemble sur les besoins d’accompagnement et sur la coordination des soins ; on peut à ce sujet voir les compétences de l’IDEC.
Deuxième piste : objectiver, pour l’établissement, les difficultés d’organisation et de coordination rencontrées. La page de l’ARS Pays de la Loire cite parmi ses freins ressources humaines, financement, attractivité, coordination, reste à charge pour les usagers. Rien n’oblige à reprendre cette grille, mais l’IDEC peut s’en servir comme point de comparaison pour décrire ce qu’il observe dans sa structure. Une manière d’y procéder consiste à consigner des situations datées et anonymisées, où l’organisation des équipes ou la relation avec les partenaires du territoire ont posé difficulté. Parmi les événements indésirables déjà déclarés, on peut aussi repérer ceux qui renvoient à l’organisation ou à la coordination ; la procédure sur les événements indésirables en rappelle le cadre de déclaration.
Troisième piste : se préparer à d’éventuelles sollicitations de diagnostic. Si une demande de données ou d’auto-évaluation parvenait à l’établissement, il serait utile de savoir à l’avance qui en est l’interlocuteur et de disposer d’éléments déjà rassemblés. La grille de lecture citée par la page, l’offre est-elle adaptée, en cours d’adaptation, insuffisante ou inadaptée, peut servir de repère pour une réflexion interne, en équipe, sur ce que l’établissement observe de son propre fonctionnement.
